Dans un contexte marqué par une augmentation significative des crises politiques et des violences à l’échelle internationale et sous-régionale, la zone CIMA, qui regroupe 14 pays, a décidé de mettre en place une nouvelle police d’assurance pour couvrir les risques de violence politique, terrorisme et sabotage. Cette initiative vise à répondre aux défis posés par ces événements, qui ont des impacts dévastateurs sur l’économie et la réputation des États.
Contexte et Enjeux
Les violences politiques ont augmenté de 500% depuis 2010 dans les régions de l’Afrique du Nord et de l’Ouest, selon une étude du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest (CSAO). Cette hausse est en partie attribuable à l’utilisation croissante des réseaux sociaux comme moyen de riposte politique. Les conséquences de ces événements sont considérables, avec des pertes humaines et matérielles inestimables, ainsi qu’un impact négatif sur l’économie locale et la réputation des États vis-à-vis des investisseurs.
Limites Actuelles des Assurances
Historiquement, les assurances traditionnelles n’ont pas toujours été en mesure de couvrir efficacement les risques liés aux violences politiques et au terrorisme. Les événements du 11 septembre 2001 aux États-Unis ont révélé les limites du système assurantiel face à ces types de risques. En zone FANAF, les clauses P24 et P13 BIS Afrique ont été révisées pour exclure les attaques criminelles et les actes de terrorisme après des événements en Côte d’Ivoire en 2004. Cependant, ces exclusions ont créé des difficultés pour les assureurs et les assurés, notamment en ce qui concerne l’interprétation des événements politiques.
Nouvelle Police d’Assurance
La nouvelle police d’assurance, dénommée « Violence Politique, Terrorisme et Sabotage », est prévue pour entrer en vigueur le 1er janvier 2025 dans l’espace CIMA. Elle représente une innovation majeure en offrant des conditions de garanties, des exclusions et une tarification spécifique tenant compte du risque pays. Cette police vise à combler les lacunes existantes dans la couverture des risques politiques et à offrir une protection plus complète aux entreprises et investisseurs.
Rôle de l’État et des Acteurs Économiques
Au-delà des solutions apportées par les assureurs, l’État est invité à réfléchir à sa participation dans la prise en charge des conséquences dommageables de ces événements. Des exemples de régimes de couverture existent, comme aux États-Unis où l’État agit en tant qu’assureur en dernier ressort, ou au Maroc avec le régime EVCAT, qui combine un système assurantiel et solidaire. La collaboration entre tous les acteurs est cruciale pour contrecarrer ces phénomènes de violences politiques.
Vulgarisation et Promotion
La vulgarisation de cette nouvelle police est essentielle pour encourager les investissements et protéger l’économie. Les acteurs économiques, les compagnies d’assurances, les intermédiaires, la société civile et la presse sont invités à contribuer à cette démarche. Selon Mme Oumou Niang Touré, présidente de la Fédération Sénégalaise des Sociétés d’Assurances, cette nouvelle police est une première étape vers une meilleure gestion et protection des risques dans la région.
221assurances Sénégal – 31 décembre 2024